Kwibohora32 : Allocution de l'Ambassadrice à l'occasion de la célébration du 32ᵉ anniversaire de la Libération du Rwanda en Suisse
Chers compatriotes, chers amis du Rwanda,
Mbifurije Umunsi mwiza wo Kwibohora kuri Twese!
En ce jour de Kwibohora, je voudrais avant tout rendre hommage à l’Armée patriotique rwandaise, pour son courage, sa discipline et son sacrifice, qui ont rendu possible la libération de notre pays.
Nous nous inclinons avec respect devant celles et ceux qui ont payé le sacrifice suprême pour que le Rwanda vive.
Nous arrivons aujourd’hui au terme de la période de commémoration. Après avoir honoré la mémoire des victimes du génocide perpétré contre les Tutsis, nous célébrons la Libération de notre pays.
Kwibohora, notre libération, est le moment où les Rwandais ont retrouvé leur dignité, ainsi que la capacité de décider par eux-mêmes, pour eux-mêmes, et ensemble, sans distinction. Depuis 32 ans, le Rwanda a fait le choix de l’unité, d’une gouvernance responsable qui met en priorité l’autonomie, et la confiance en ses propres forces.
Préserver ces acquis exige une vigilance constante, en particulier dans une région où la sécurité demeure d’une importance primordiale. Le Rwanda évolue dans un environnement complexe, marqué par des défis réels et des menaces à ses frontières. Parmi ces menaces, il y a aussi l’idéologie du génocide, qui n’a pas disparu et qui cherche encore, sous différentes formes, à affaiblir l’unité des Rwandais. C’est pourquoi nous continuons d’exprimer notre profonde reconnaissance à nos forces de défense et de sécurité, qui protègent les droits, les libertés et la dignité que la Libération a permis de restaurer pour chaque Rwandais.
La Libération, dans son essence, n’est donc pas un événement figé dans le passé. C’est un chemin qui continue. C’est une responsabilité permanente.
Je tiens également à saluer le dialogue intergénérationnel mené par M. Nkurunziza, Mme Barikungeri, Mme Aboniyo et M. Gahigi. Ces échanges sont importants, car ils nous permettent de transmettre aux jeunes générations le sens de notre Libération et d’en consolider les acquis. Je vous invite à les applaudir chaleureusement car c’était un échange riche et engageant.
Ce dialogue permet de transmettre aux jeunes les valeurs, les leçons et les expériences, tout en donnant à la nouvelle génération l’espace pour exprimer ses aspirations et ses idées. Ceci garantit que les sacrifices de nos héros continuent d’inspirer des actions responsables, afin de bâtir un pays uni, résilient et tourné vers l’avenir, mais qui n’oublie pas son passé.
La jeunesse a joué un rôle déterminant dans la libération du Rwanda. Nombre de ceux qui se sont engagés au front ou dans les différentes formes de lutte étaient jeunes, animés par un sens profond du devoir et de l’amour de la patrie.
Le temoignage de Mr. Jacques Nkurunziza, qui était encore jeune au moment de la libération, illustre ce sens de responsabilité.
À vous, les jeunes présents ici aujourd’hui, Mdm Josiane Aboniyo , Mr. Ulrich Gahiga, vous êtes la génération sur laquelle nous comptons pour aller encore plus loin. Vous êtes appelés à ne jamais demander la permission d’être grands, à prendre votre place à la table des décisions et à faire entendre votre voix avec confiance, compétence et dignité.
Mme Barikungeri l’a déjà souligné, les membres de la diaspora rwandaise en Suisse font partie de l’histoire vivante du Rwanda. Aujourd’hui encore, beaucoup continuent d’y contribuer, que ce soit en rentrant au pays ou en y développant des projets.
Cette contribution ne se limite pas à ceux qui rentrent ou investissent directement. Chacun, à sa manière, peut rester engagé: en transmettant à nos enfants la mémoire et les valeurs du Rwanda, en renforçant l’unité de notre communauté, en partageant ses compétences, en créant des liens, en soutenant des initiatives utiles, et en portant haut l’image du Rwanda.
C’est dans cet esprit que résonnent les mots du Président Kagame, prononcés lors des célébrations du 30ème anniversaire de Kwibohora, et je cite :
« La vraie libération commence lorsque les armes se taisent. »
Cette phrase nous rappelle que Kwibohora est à la fois notre héritage, notre responsabilité individuelle et notre engagement collectif.
Chers compatriotes, chers amis du Rwanda,
C’est dans cet esprit de responsabilité partagée que je voudrais, avant de conclure, exprimer ma sincère gratitude à la Diaspora rwandaise de Suisse pour l’excellente collaboration.
Je remercie particulièrement Monsieur Aimé Murigande, représentant le Président Yves Cyaka, ainsi que l’ensemble du Comité exécutif, co-organisateurs de cette célébration, pour leur engagement, leur disponibilité et leur contribution à la réussite de cette journée.
Mes remerciements vont également à la troupe culturelle Urunana et la Presidente Madame Marie-Noelle Kamikazi, dont la prestation ajoute toujours un magnifique éclat à nos célébrations ! Par ailleurs, Urunana est un bel exemple de l’histoire vivante du Rwanda en Suisse. Le groupe célébrera ses 40 ans d’existence en 2028, un parcours qui témoigne de la transmission de notre culture à travers les générations.
À nos chers artistes, Madame Mariya Yohana na Lionel Sentore n’abo mufatanyije, murakoze cyane kuba mwaje kwizihiza umunsi wo Kwibohora natwe.
Enfin, je remercie chacune et chacun d’entre vous ici présents. Votre présence, votre attachement au Rwanda et votre esprit de communauté donnent tout son sens à cette célébration.
Murakoze cyane.